thierry-martenon-virginie-lucTHIERRY MARTENON.  Il vit dans le hameau du Désert d’Entremont, dans le massif de la Chartreuse, à l’écart des bruits du monde et au cœur de la nature. Ebéniste de formation, Thierry Martenon a, depuis près de vingt ans, élu l’atelier -une ancienne étable familiale- pour façonner dans le bois des formes abstraites, aux surfaces texturées. Horizontales ou hiératiques, ces oeuvres sont autant de réceptacles à la lumière. « Tout mon travail la célèbre », dit le sculpteur. C’est bien la lumière qui est à l’œuvre dans les aspérités du bois, elle qui se joue des vides et des pleins, ruisselle le long des veines sablées, arase les crêtes et les extrémités, à tel point que chacune de ses pièces semble respirer – vivantes, toujours. (TEXTE VIRGINIE LUC, ED. ULMER, OCT. 2016).

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http://www.editions-ulmer.fr/editions-ulmer/thierry-martenon-de-la-nature-a-l-oeuvre-le-bois-550-cl.htm

 

 De la nature à l'oeuvre, Virginie Luc, ed. Ulmer, Octobre 2014

De la nature à l’oeuvre, Virginie Luc, ed. Ulmer, Octobre 2014

DE LA NATURE A L’OEUVRE Virginie LUC

DE LA NATURE À L’OEUVRE présente plus d’une vingtaine d’artistes contemporains à travers le monde, qui ont élu la nature comme terrain de jeu, d’art et de vie. Non pas pour la soumettre ou la dominer, mais pour, un temps, la faire leur, et nous l’offrir en partage. Spirales de sable, protubérances végétales, constellations de pierres, mandalas de sel, sculptures de brume, radeaux de brindilles… Immenses ou infimes, des oeuvres naissent, qui se déroulent dans le temps et dans l’espace. Elles sollicitent tous nos sens: elles sont à vivre.

120 illustrations – 160 pages – ISBN : 9782841387267 –  2014 –   feuilletez un extrait

http://www.editions-ulmer.fr/editions-ulmer/de-la-nature-a-l-oeuvre-427-cl.htm

 


JOURNAL DU DANUBE

JOURNAL DU DANUBE, Virginie Luc, préface de Tony Gatlif, Editions de l’Âge d’Homme, collection Rue Férou, Mai 2014.

Il y a des peuples dont on connaît le nom, l’histoire, le drapeau… D’autres sont absents des cartes et des livres d’école. Ainsi les Roms, peuple ancien d’origine asiatique, dont l’exil et le mouvement forment l’identité. Le seul langage qui dise leur histoire est la musique : jouée et chantée, elle se transmet spontanément, génération après génération, et traverse les frontières.

Guidée par les accordéons, les violons et les cymbalums, Virginie Luc a suivi, de son delta dans la mer Noire jusqu’à sa source en Allemagne, le cours du Danube. Son récit est une déambulation aux marges de l’Europe et du progrès, le long des routes de terre et d’eau, là où la musique bat la mesure d’un autre monde.

http://www.lagedhomme.com/ouvrages/virginie+luc/journal+du+danube/4048      Youtube vidéo

 


le baiser_MiHyun KIMLE BAISER 

Une chance parfaitement fragile

Ceux qui parlent éteignent la lumière. Alors, à la faveur du silence, l’artiste coréenne Mi-Hyun Kim s’en tient aux souffles, aux feulements des corps, des ombres et des gestes, pour retenir les contours du désir – ici, à l’œuvre entre des hommes.

Ses images sont autant de seuils. On est au bord de la nuit, là où l’intime irradie, où l’obscurité éclaire, où la caresse ouvre la faille. On est au seuil de la jouissance, là où le désir afflue. Dans l’exacte main de douceur qui couvre la nuque, dans la courbe d’un bras qui enlace le corps, dans les lèvres effleurées qui foudroient le sang.

L’érotisme est attente – cette folle attente avant le sacrifice de la chair. Mi-Hyun nous livre une sorte de secret qu’on ne découvre que loin de soi, derrière les paupières baissées : l’érotisme du désir. D’une image l’autre, on lit le soin infini porté aux moindres incidences de la lumière, aux inflexions des corps, aux ondulations du désir. Dans l’air raréfié de la beauté, Mi-Hyun saisit des choses qui nous glissent entre les mains, qu’on ne peut retenir, qui n’existent pas : la lumière, le désir, la grâce.

D’une image l’autre, une voie possible se dessine, ligne sinueuse qui infuse un peu d’aube à la nuit. C’est cette cinquième dimension, celle du désir qui attise, amenuise, rend aussi fort que fragile, que Mi-Hyun a photographié : cette rupture intime de soi, d’avec soi, qui fait de chacun de nous un être plus vaste encore.Loin de tout voyeurisme, la photographie de Mi-Hyun atteste que le rêve est vrai. La beauté est là. Dans les aplats de lumière, le cadre rigoureux et la composition classique. Dans le silence éloquent, dans l’attente fulgurante, dans l’intime si aigu qu’il en devient universel. Au seuil de disparaître, elle porte à son comble  l’illimité de la vie. Elle est un bref instant d’éternité.

Virginie Luc  | 14 mai 2014

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